Affichage des articles dont le libellé est Les Bd du dimanche. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les Bd du dimanche. Afficher tous les articles

dimanche 29 janvier 2012

Et mon coléoptère, il est grabataire peut-être ?

On le dit, on le répète, on le crie sur les toits (bibliothécaire j'hurle ton nom), on s'énerve et on essaie de le faire rentrer dans le crâne mou de nos lecteurs à grands coups de douchette et de Dewey (reliée, c'est plus efficace). Plus qu'un combat, c'est un sacerdoce. Notre côté militant sans doute. Et susceptible, probablement. Le métier de bibliothécaire a changé, beaucoup plus vite que son image, qui lui est restée collée à la couenne plus sûrement qu'une sangsue à triple ventouses.

Alors quand on tombe sur une description des bibliothèques et de leurs humbles serviteurs digne du 19e siècle, ça nous hérisse un peu la moquette élimée (je parle pour les bibliothèques qui n'ont pas réussi à avoir le budget rénovation adéquat). Une description comme celle sur laquelle je suis tombée, par hasard, dans la bande dessinée Un après-midi un peu couvert, de Philippe Squarzoni :





Bon, documentaliste ou bibliothécaire on sait pas trop, mais de toute façon c'est à peu près le même combat.














Ca a le mérite d'être clair. Bibliothécaire ça rime avec grabataire (au sens propre comme au sens figuré, notez). 

Nous voilà donc grabataires, hémiplégiques, invalides, et bien sûr totalement à l'ouest concernant l'informatique (j'aime tellement les fiches que je m'en suis fait un collier, c'est vous dire). Soyons clairs, je ne trouve ça agréable ni pour les hémiplégiques et invalides, ni pour les bibliothécaires. Associer des catégories de personnes en fonction des préjugés négatifs communs qui leur collent aux basques, c'est d'un banal affligeant. Je veux dire, associer les bibliothécaires et les hémiplégiques à des community managers ou des gogo danseuses, voilà qui serait intéressant, sociologiquement parlant (certains collègues (je ne dénoncerai pas) se plaignent par exemple de la discrimination quotidienne due à un manque flagrant de potentiel sensuel de notre métier. Et c'est bien dommage).





"Un problème avec les livres" ? Moi aussi à vrai dire, il m'arrive même d'en jeter, probablement un signe avant-coureur de l'apocalypse.

"Passer son temps au milieu des livres, les lire, puis les conseiller". Oui, moi aussi j'aimais bien l'idée. Puis je suis devenue bibliothécaire. Et j'ai fait plein d'autres choses. Notamment, je "surfe sur Internet" pour bosser, pas "au lieu de bosser". Ce qui ne m'empêche pas de tomber sur des idiots à l'orthographe éclatante.

Tiens justement, puisqu'on en parle. La Bibliothèque est un "cimetière" et les livres des "tombes", ça me rappelle vaguement quelque chose que j'ai lu récemment. Un certain Yann Moix y parle de la mort des bibliothèques, au sens "noble" du terme. Heureusement, cela fait bien longtemps que les bibliothécaires (ne lui déplaise, je désigne par là diverses professions, du discothécaire qui gère la piste de danse, au vidéothécaire qui regarde des vidéos sur Youtube toute la journée, sans parler des animateurs multimédia, "nouvelle" spécialité tout droit sortie des feux de l'enfer) ne sont plus là que pour conserver des livres poussiéreux, qui doivent répondre à une exigence intellectuelle et littéraire élitiste. Quant à mettre en doute que les bibliothèques soient là pour transmettre des "connaissances", on atteint le pompon de la pomponette. Le tout étant, en revanche, d'arriver à dépasser cette idée de "temple du savoir" (personnellement, je rentre plus facilement dans un couloir de métro tapissé d'urine que dans un temple). Les réponses à cet article n'ont pas tardé, vous pouvez aller voir sur Hortensi.us, Face écran et les Carnets d'Outre-Web.


Si même Rimbaud s'y met.

Bon je râle, mais cela m'a fait plutôt sourire de trouver cette anecdote. Au final, on trouve dans ce livre une jolie petite histoire sans prétention, et plutôt agréable à lire. Et qui n'a rien à voir avec les bibliothécaires ni les hémiplégiques, comme cet article ne le suggère pas.

dimanche 13 novembre 2011

De l'importance de faire les bons choix (en matière de collants comme de grottes)

Aujourd'hui, dans les BD du dimanche : de l'influence du choix des collants chez les super-héros, et de l'inefficacité de notre instinct primaire, qui nous amène systématiquement à trouver la cachette la plus à même de nous faire tuer en cas de poursuite par un tueur énervé.

Les super-héros, donc. Je vois d'ici les mauvaises langues, arguant mon manque d'objectivité, lié à une monomanie pathologique ayant pour objet l'homme chauve-souris, mais le dernier Batman de Neil Gaiman et Andy Kubert déboite de la douchette. Dans Qu'est-il arrivé au chevalier noir ? on assiste tout bonnement à l'enterrement du justicier de Gotham City. Tous les personnages, amis comme ennemis, vont se retrouver dans une veillée funèbre où chacun va y aller de sa version de la mort du Batman. Voir le Joker et Catwoman s'envoyer des petits-fours à côté du commissaire Gordon est déjà assez traumatisant, mais quand Alfred nous conte l'histoire d'une gigantesque supercherie, remettant en cause le mythe du héros, ça fait tout drôle. Et si les deux histoires qui suivent, centrées sur Poison Ivy et E. Nigma, sont oubliables, Gaiman nous sort sur les dernières pages un coup de génie (mention spéciale à l'illustrateur) qui m'a fait frétiller les endorphines.
En revanche, je n'ai pas encore mis la main sur la série de comics Batman Universe, relatant l'après Bruce Wayne, où un certain Dick Grayson viendrait prendre la relève. Tout du moins jusqu'à ce que Bruce se décide à ramener son derche de l'au-delà. Sceptique, je suis (comment placer une hyperbate dans l'unique but de faire savoir que je connais ce mot).


Et puis, c'est l'arrivée dans le monde du comics d'un super-méchant. Nemesis, de Mark Millar et Steve McNiven, c'est un peu comme si Batman, au lieu de se dire, "Et si j'enfilais des collants noirs et que j'utilisais ma fortune pour aller botter des culs de méchants, ça va me détendre", avait finalement opté pour "Et si j'enfilais des collants blancs et que j'utilisais toute ma fortune pour buter un maximum d'innocents, ça va me détendre". Notons que les collants blancs, c'est pas l'idée la plus brillante. Déjà c'est salissant, et puis j'ai eu des images de danseur étoile devant les yeux pendant toute la lecture. Hormis cette faute de goût, le résultat ressemble à un bon film d'action, où on voit un truc (bâtiment, train, bébé dans son berceau) exploser toutes les deux pages (pas la peine d'allumer les neurones), et une intrigue simple mais assez bien ficelée pour nous laisser morts de faim sur la dernière page.
(Mais on me souffle dans l'oreillette que, à choisir, la précédente collaboration de Millar et McNiven sur Old man Logan mérite beaucoup plus qu'on s'y attarde, je vais aller lire ça avachie par terre dans une grande librairie errer pour trouver une bibliothèque alentour qui l'aura dans ses bacs).


Finissons dans une ambiance bon enfant, avec un manga à base de forêt sombre, cachots, énucléations et autres tortures : Hideout, de Kakizaki Masasumi. Seiichi, jeune écrivain que l'on devine raté et dont le couple ne ressemble plus à rien, décide de partir en vacances avec sa femme, histoire de voir si un peu de super-glu pourrait recoller les morceaux. Sauf que l'on nous dit très vite (dès la quatrième de couverture en fait, merci l'éditeur) que Seiichi a plutôt prévu de se débarrasser de sa femme en même temps que de ses soucis (elle l'a un peu cherché ceci-dit). Après une course poursuite dans une forêt en pleine nuit sous une pluie battante (le dessin est suffisamment réussi pour que j'ai moi-même eu les os glacés et les jambes écorchées), cette gourde se dit que ce serait une trop bonne idée de se réfugier dans une grotte (il faudrait faire une liste des endroits les plus débiles où se cacher en cas d'attaque par un tueur psychopathe). Le problème, c'est que cette grotte est déjà habitée. Points de suspension. Suspens insoutenable.
Ce one-shot est une merveille de suspens et d'horreur bien dosée (un peu la main lourde parfois, ok, ceux qui s'évanouissent devant une tronçonneuse, passez votre chemin). Le dessin est atrocement réaliste, si bien qu'il me faudrait au moins la promesse d'y trouver des réserves inépuisables de Skittles pour que je remette les pieds dans une grotte, et l'évolution psychologique des personnages n'est pas négligée, jusqu'au final, terrifiant, que j'avoue n' avoir pas vu venir (ce qui donne en général "Oh non c'est pas vrai, j'le crois pas ça !"). Les premières planches sont disponibles chez Manga Sanctuary, et vous donneront un bon aperçu du bouquin.

Vous verrez, après ça, vous ne serez que bisounours, paillettes et licornes roses dans les prés.

dimanche 30 octobre 2011

Les marins du dimanche

Après des semaines de révisions de concours où, pendant mes pauses, la seule activité dont j'étais capable était de larver devant des films d'horreur (les zombies sont de très bons compagnons d'infortune) et où ouvrir un livre représentait un effort trop conséquent, je me suis rattrapée en faisant une petite cure de bd. Et la moisson a été plutôt bonne.

Tout d'abord, un gros coup de coeur pour un livre qui m'est tombé dans les mains par hasard, L'amourir, d'Ozanam et Tentacle Eye. L'histoire d'un marin au passé sombre, Wirde, qui débarque dans une ville soumise à un régime autoritaire, où la liberté est un concept assez flou, et où la loi "de fin de vie" oblige les personnes de plus de 75 ans sans revenus à mourir pour ne pas aggraver le déficit national. On suit alors l'histoire d'amour entre Wirde et Lillie, danseuse de cabaret et opposante au parti en place, en parallèle avec l'histoire d'une résistance souterraine à laquelle ils vont prendre part au-delà de ce qu'ils avaient tout deux imaginé.
Dans cet album, je regrette juste la complexité de la narration, où les allers-retours entre passé et présent embrouillent un peu le déroulement de l'histoire. Heureusement, la confrontation amour/jalousie et oppression/résistance arrive à nous garder sur les rails. Mais le vrai coup de maître dans cette bd, ce sont les illustrations. Tentacle Eye, en plus d'un dessin sublime, qui justifie à lui seul la lecture, joue avec les codes de la bande dessinée de telle sorte qu'il sublime complètement le scénario (ça fait un peu pompeux dit comme ça, mais si je disais que le dessin est beau à en faire péter mes bretelles de soutien-gorge, vous ne me prendriez pas au sérieux). J'en profite pour faire passer un petit message : messieurs les illustrateurs, avoir une présence Internet frôlant le néant intersidéral, ça n'est plus possible. Faudra pas vous étonner si les lecteurs finissent par débarquer chez vous, un soir de pleine lune, la bave au lèvres.



De Profundis : l'étrange voyage de Jonathan Melville, de Chanouga, nous conte une autre histoire de marin (c'est pas fait exprès, mais ça tombe bien, comme ça j'ai une belle transition) qui, après un naufrage, est recueilli sur une île par deux femmes étranges, décidées à le garder pour elles, de gré ou de force. On trouve dans ce conte pour grands enfants un brin de sorcellerie, du danger, des créatures marines, une ambiance mi-féérique, mi-inquiétante, et quelques illustrations magnifiques en prime. Les bons contes pour adultes dans la bande dessinée sont suffisamment rares pour que celui-ci mérite un petit détour. Et, wasabi sur la cacahuète, Chanouga possède un blog, lui (message subliminal tout ça). Allez voir, il y a plein de belles choses.



Quelques petites déceptions en revanche, sur des bd que j'attendais de pied ferme (un peu trop peut-être). La dernière collaboration entre les Kerascoët et Fabien Vehlmann, Voyage en Satanie,  ne m'a pas autant chavirée que je l'espèrais, surtout au niveau de l'histoire. Mais ils avaient mis la barre tellement haut avec Jolies Ténèbres que c'est difficile de leur en vouloir. Déçue aussi par Vivre dessous, le dernier ouvrage collectif de Manolosanctis, qui ressemble beaucoup trop à 13m28, leur précédent album collectif, pour se démarquer. D'autant que le travail du scénario (Thomas Cadène, qui parrainait l'ouvrage, ne doit plus avoir beaucoup de cheveux sur la tête, vu le nombre d'auteurs participant) tiens moins bien la route. On retrouve d'ailleurs beaucoup des illustrateurs qui font désormais partie de la team de base de l'éditeur, et qui sont excellents pour la plupart. En parlant de Manolosanctis, pour ceux qui ont loupé l'annonce de la semaine dernière, l'édition papier, c'est terminé... Dommage pour Renaud et Antigone, pour les Phantasmes et le Carnaval, pour Mon cauchemar et pour moi...

dimanche 11 septembre 2011

Et le sot-l'y-laisse dans tout ça ?

C'est la rentrée, et qui dit rentrée, dit bonnes résolutions. Je sais bien qu'à cette période de l'année, on a déjà eu, quelques mois plus tôt, notre lot de bonnes résolutions qui ont tenu juste le temps de trouver un briquet pour allumer sa cigarette. En ce qui me concerne, je ne prends jamais de bonnes résolutions pour le nouvel an (question de lucidité essentiellement), mais en septembre, j'ai toujours un élan d'énergie qui me fait dire des âneries du genre "Cette année, je me lance dans le roller derby" (je pourrais enfin côtoyer des filles qui s'appellent Iron Madone ou Rosa Sparks), ou "Cette année, j'arrête de manger des Skittles", ou encore "Cette année, je tiens mes bonnes résolutions de l'année dernière". Je vais donc commencer soft, en essayant de tenir un peu plus régulièrement la rubrique des bd du dimanche sur ce blog, comme j'avais prévu de le faire l'année dernière


On commence avec Elmer, de Gerry Alanguilan. Autant vous avertir tout de suite, je n'ai absolument aucune critique négative sur ce livre. Pour vous mettre un peu dans l'ambiance, vous visualisez La planète des singes ? Et bien là, c'est à peu près la-même, mais avec des poulets. Donc je sens bien qu'au mot "poulet", j'ai déjà perdu la moitié de ma crédibilité auprès des gens qui liront cet article. Mais il faut savoir dépasser ses préjugés. Les poulets sont des êtres humains comme les autres. Du moins, c'est le cas ici. Après avoir soudainement développé une intelligence, et surtout une conscience, humaines, les gallinacés ont du se battre pour être reconnus comme étant égaux aux humains. Jake, poulet de la deuxième génération, n'ayant donc pas connu les élevages ni les abattoirs (ni les nuggets donc), vit dans un monde où les Nations Unies ont officiellement déclaré les gallinacés comme étant des êtres humains, protégés par les Droits de l'homme. Il n'en reste pas moins les rancœurs transmises du passé, le racisme ordinaire et la méfiance réciproque. Classique quoi. C'est à travers le journal de son père, Elmer, que l'histoire de cette révolution nous est racontée. Ce qui est épatant, c'est que Gerry Alanguilan arrive, par son trait, à humaniser ces poulets de façon tout à fait réaliste. Et si la métaphore du livre est évidente, on n'en reste pas moins scotchés du début à la fin. Vous pourrez trouver les premières planches sur ce forum (je n'ai pas trouvé en français, alors il va falloir faire un petit effort de traduction, mais ça va vous entraîner pour les futures épreuves de concours n'est-ce pas ?).




















Après avoir lu cette bande dessinée, je vous mets au défi de manger du poulet sans avoir une petite pointe de culpabilité (bien que fugace, les aiguillettes de poulet à la moutarde, c'est sacré). La seule question qui restera sans réponse (et je remercie l'auteur de nous épargner ce traumatisme), c'est comment diable les couples mixtes de cette histoire font-ils pour procréer ? Merci de ne pas m'envoyer vos suggestions.



dimanche 27 mars 2011

Du Brut de pommes (avec de la crème merci)

La Bd de ce dimanche, je l'ai reçue dans mon courrier cette semaine, joliment emballée par les soins de la tenancière du blog Suprbo (merci merci !), après l'avoir gagnée à un concours. Normalement, la poisse veut qu'à chaque concours je gagne des cafetières, même quand il n'y en a pas en jeu (je sais c'est fou). Alors imaginez un peu ma joie de gagner un LIVRE. Pour l'info, j'adore recevoir de jolis paquets, si vous ressentez un besoin irrépressible d'en envoyer un, je saurais vous soulager.

Dans ma boîte aux lettres, j'ai donc trouvé ça :


Je ne connaissais pas du tout Lolmède, j'ai découvert dans ce Brut de comix (chez United dead artists) des scènes de la vie quotidienne, des petits instants, des bonheurs ou des réflexions de l'auteur. En fin de compte, on a l'impression de suivre des instants de sa vie, qui parfois se recoupent avec les nôtres et nous remettent des souvenirs en tête : un café en terrasse, un trajet en train, des blagues potaches, un concert, une expo sur Munch, un week-end en Normandie (les Normands sont accueillants, j'avais déjà envie d'y retourner, maintenant je pourrais échanger le plus beau de mes lecteurs contre une vraie tarte aux pommes. Avec de la crème. Un prix raisonnable somme toute.), les manifs contre la réforme des retraites (je ne connaissais pas le slogan "Sarko m'e***, le Medef me lubrifie", un grand regret que je ne l'ai su à ce moment là)...

Un petit livre à siroter au soleil quoi ! (bon heureusement pour moi ça marche aussi avec la pluie)

Vous pouvez aller sur le blog du monsieur pour en voir un peu plus.


lundi 14 février 2011

J'ai failli mouru, j'ai lu, j'ai survécu

Ce week-end, j'étais au bord du décès. Je me suis choppé un bon vieux virus de derrière les fagots c'était très sympa. Du coup, après avoir passé deux jours entier au fond de mon lit, deux constats : 1, j'ai une haleine d'Actifed. 2, j'ai tellement dormi pendant mon week-end que je devrais être au top pour commencer ma semaine de boulot. Ma conscience professionnelle est indépendante de ma volonté c'est très désagréable.
Comme hier encore, non seulement j'avais 20 ans, mais en plus me retrouver devant un écran me donnait l'impression que mes globes oculaires sortaient de leurs orbites pour aller se balader allègrement sous mon crâne sans prendre en compte que le cerveau n'aime pas trop être bousculé, les Bd du dimanche seront des Bd du lundi.

Après ce petit intermède santé, les Bd, donc. Je ne m'en suis pas tout de suite rendue compte, quand j'ai chipé mes Bd du dimanche dans la pile des livres à cataloguer (oui çaymal), mais j'ai fait un combo Fred Bernard ce week-end (et j'ai fichtrement bien fait).




















La première, L'homme bonsaï (Delcourt, 2009) est une adaptation d'un album jeunesse (Albin Michel jeunesse, 2003) qu'il avait lui-même écrit, illustrée par François Roca. Un vieux marin conte les mésaventures d'un potier, enlevé par des pirates, abandonné sur une île, et qui voit une petite graine se planter sur sa tête puis se transformer en bonsaï. Sauvé par des pirates chinois, il va devenir lui-même un pirate redoutable. L'histoire est prenante et les illustrations de Roca lui donne une touche un peu nostalgique et douce. Comme je suis un peu une brelle en littérature jeunesse (mais mes collègues jeunesse sont en train de me prendre en main ne vous inquiétez pas), je ne connaissais pas ce dernier. Je me suis pris une avalanche de "quewaaa comment c'est possiiiible, tu connais paaas" (toujours les collègues), du coup ça va mieux là.
Toujours est-il que j'ai préféré la Bd. Probablement parce que j'ai eu la mauvaise idée de la lire en premier. Elle est tellement foisonnante que l'album m'a paru un peu léger, avec des manques. Et le dessin de Fred Bernard, plus brut que celui de Roca, moins fluide et plus fouillis, les couleurs beaucoup plus vives, tout cela décale avec les illustrations que l'on pourrait attendre d'un conte et ça marche très bien ! La Bd a aussi l'avantage de développer beaucoup plus le personnage, qui raconte lui-même son histoire, et à la première personne, on ressent beaucoup mieux les injustices, la peur, le pouvoir, l'amour (eh oui, le géant version bleue est sexué, et souple visiblement).

Pour le feuilleter, c'est par là.

Cléo : les aventures d'une jeune femme prétendument ordinaire (Nil, 2010) montre une autre facette du travail de Fred Bernard : le portrait de jeunes femmes contemporaines, un peu rockn'roll. Dans le même style, j'avais lu il y a pas mal de temps Lily love peacock, mais il ne m'avait pas trop convaincue. Par contre cette Cléo est soufflante. On se demande un peu comment un homme a réussi à faire un portrait aussi réaliste et en même temps onirique d'une jeune femme, en tombant aussi juste. Soit il est doué d'une extrême empathie, soit il a réussi à infiltrer la gent féminine. En tout cas le dessin est très beau, bourré d'imagination, la fin bien trouvée, et la bande son très bien choisie. Et comme on a tous un hippopotame (ou un coléoptère) qui nous suit partout, allez vite me lire ça.

dimanche 16 janvier 2011

Pour aller à la pêche aux moules, mieux vaut ne pas être moche et remoche

Comme ce titre l'indique, ma bd du dimanche est pleine de poésie et de métaphores délicates. Si vous avez besoin de vous bidonner un tantinet, je vous conseille Lo, de Lucie Durbiano (Gallimard, 2010). L'auteur s'est inspirée de la pastorale de Longus, Daphnis et Chloé, et raconte l'histoire de Lo, jeune et jolie nymphe qui tombe amoureuse du berger Daphnis, lui-même amoureux de sa bergère, Chloé.

Partir de la mythologie pour une bd, c'est déjà assez rare pour être original. Le dessin semble assez enfantin et innocent à première vue, mais dès les premières cases de la 4e planche, on sent qu'il y a quelque chose de louche, et là, j'ai commencé à ricaner toute seule (signe indiscutable d'une bd de qualité). Et j'ai recommencé plusieurs fois. Il faut dire que je suis très sensible aux blagues potaches, jeux de mots un rien facile (hum) et sous-entendus graveleux, surtout quand on ne s'y attend pas. Certaines phrases sont déjà devenues cultes sur la toile (j'ai enfin compris d'où sortait ce "mieux vaut être belle et rebelle que moche et remoche") et personnellement, j'ai bien cru que mes zygomatiques allaient mourir à cause d'une certaine "pêche aux moules".




Même ce tableau est joliment détourné, Daphnis et Chloé étant remplacés par un autre couple que Sappho n'aurait pas renié.


Et puis un auteur qui, quand il s'agit de faire voler Zeus, se réfère à la technique de Superman, est forcément un bon auteur.

dimanche 9 janvier 2011

"Si j'étais bibliothécaire, je lirais des Bd toute la journée..."

J'ai décidé de laisser tous ses espoirs à l'adolescent qui m'a confié cette phrase comme un secret (genre "vous le répétez à mes potes je remets plus les panards chez vous", encore que je doute que les adolescents d'aujourd'hui utilisent le mot panard). Alors que j'allais lui confier qu'en tant que bibliothécaire, il n'aurait probablement pas le temps de lire sur son lieu de travail (enfin pas le droit serait plus juste), Miguel m'a susurré qu'il serait peut-être bon de le laisser espérer, sinon, comment on va récupérer de nouvelles recrues hein ?? Arguments acceptés.

Moi, je suis devenue bibliothécaire, du coup je lis mes bd le dimanche, comme tout le monde en fait (c'est fou ce qu'on peut être consensuels dans la profession).

Les trois bd d'aujourd'hui ont comme point commun le thème du conte :



L'Île sans sourire, d'Enrique Fernandez
Drugstore, 2009

Un homme arrive un soir d'orage sur l'île de Yulkukany, île de baleiniers. Triste, pessimiste voire agressif, il va devoir composer avec son exact opposé : Elianor, petite fille joyeuse, optimiste et énergique, avec une imagination sans limites. On devine facilement comment va finir cette jolie fable fantastique, mais les personnages sont surprenants et le dessin magnifique (le monsieur a apparemment été influencé par les studios Ghibli et Dreamworks, et ça se voit), particulièrement au niveau des paysages et des animaux (amis geeks, il y a un chat qui parle, ça va vous plaire).



Pour aller voir les premières planches, c'est sur Bd Gest.



Le Signe de la lune, d'Enrique Bonet et José Luis Munuera
Dargaud, 2009

Quand on lit ce conte, on a l'impression de l'avoir déjà entendu souvent dans notre enfance : il reprend les basiques, des enfants apeurés, des symboles mystiques (la lune attirante et effrayante), des méchants, une histoire d'amour contrariée, un peu de magie, une forêt dangereuse... C'est joli, poétique, et le dessin est superbe, en noir et blanc avec cette cape rouge sang qui nous rappelle que le petit chaperon n'est jamais à l'abri du danger...

Le blog est par là.




Jolies ténèbres, Fabien Vehlmann et Kerascoët
Dupuis, 2009

Un début de conte de fée un peu niais : un prince, une princesse, une tasse de thé. Très vite, ce petit monde "adorable" tombe en morceaux, les habitants étant obligés d'abandonner leur logement, à savoir une petite fille morte dont la décomposition les amène à chercher un autre endroit où vivre. Ambiance bonne enfant donc. Le dessin de Kerascoët fait penser à un album pour enfant tout mignon, c'est d'autant plus jouissif lorsque les petits personnages se mettent à s'entretuer à la façon de South Park. C'est étonnant comme la cruauté et l'innocence font bon ménage avec l'absurde.





Les premières planches par là.
Related Posts with Thumbnails