Affichage des articles dont le libellé est bande dessinée. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bande dessinée. Afficher tous les articles

lundi 14 février 2011

J'ai failli mouru, j'ai lu, j'ai survécu

Ce week-end, j'étais au bord du décès. Je me suis choppé un bon vieux virus de derrière les fagots c'était très sympa. Du coup, après avoir passé deux jours entier au fond de mon lit, deux constats : 1, j'ai une haleine d'Actifed. 2, j'ai tellement dormi pendant mon week-end que je devrais être au top pour commencer ma semaine de boulot. Ma conscience professionnelle est indépendante de ma volonté c'est très désagréable.
Comme hier encore, non seulement j'avais 20 ans, mais en plus me retrouver devant un écran me donnait l'impression que mes globes oculaires sortaient de leurs orbites pour aller se balader allègrement sous mon crâne sans prendre en compte que le cerveau n'aime pas trop être bousculé, les Bd du dimanche seront des Bd du lundi.

Après ce petit intermède santé, les Bd, donc. Je ne m'en suis pas tout de suite rendue compte, quand j'ai chipé mes Bd du dimanche dans la pile des livres à cataloguer (oui çaymal), mais j'ai fait un combo Fred Bernard ce week-end (et j'ai fichtrement bien fait).




















La première, L'homme bonsaï (Delcourt, 2009) est une adaptation d'un album jeunesse (Albin Michel jeunesse, 2003) qu'il avait lui-même écrit, illustrée par François Roca. Un vieux marin conte les mésaventures d'un potier, enlevé par des pirates, abandonné sur une île, et qui voit une petite graine se planter sur sa tête puis se transformer en bonsaï. Sauvé par des pirates chinois, il va devenir lui-même un pirate redoutable. L'histoire est prenante et les illustrations de Roca lui donne une touche un peu nostalgique et douce. Comme je suis un peu une brelle en littérature jeunesse (mais mes collègues jeunesse sont en train de me prendre en main ne vous inquiétez pas), je ne connaissais pas ce dernier. Je me suis pris une avalanche de "quewaaa comment c'est possiiiible, tu connais paaas" (toujours les collègues), du coup ça va mieux là.
Toujours est-il que j'ai préféré la Bd. Probablement parce que j'ai eu la mauvaise idée de la lire en premier. Elle est tellement foisonnante que l'album m'a paru un peu léger, avec des manques. Et le dessin de Fred Bernard, plus brut que celui de Roca, moins fluide et plus fouillis, les couleurs beaucoup plus vives, tout cela décale avec les illustrations que l'on pourrait attendre d'un conte et ça marche très bien ! La Bd a aussi l'avantage de développer beaucoup plus le personnage, qui raconte lui-même son histoire, et à la première personne, on ressent beaucoup mieux les injustices, la peur, le pouvoir, l'amour (eh oui, le géant version bleue est sexué, et souple visiblement).

Pour le feuilleter, c'est par là.

Cléo : les aventures d'une jeune femme prétendument ordinaire (Nil, 2010) montre une autre facette du travail de Fred Bernard : le portrait de jeunes femmes contemporaines, un peu rockn'roll. Dans le même style, j'avais lu il y a pas mal de temps Lily love peacock, mais il ne m'avait pas trop convaincue. Par contre cette Cléo est soufflante. On se demande un peu comment un homme a réussi à faire un portrait aussi réaliste et en même temps onirique d'une jeune femme, en tombant aussi juste. Soit il est doué d'une extrême empathie, soit il a réussi à infiltrer la gent féminine. En tout cas le dessin est très beau, bourré d'imagination, la fin bien trouvée, et la bande son très bien choisie. Et comme on a tous un hippopotame (ou un coléoptère) qui nous suit partout, allez vite me lire ça.

dimanche 16 janvier 2011

Pour aller à la pêche aux moules, mieux vaut ne pas être moche et remoche

Comme ce titre l'indique, ma bd du dimanche est pleine de poésie et de métaphores délicates. Si vous avez besoin de vous bidonner un tantinet, je vous conseille Lo, de Lucie Durbiano (Gallimard, 2010). L'auteur s'est inspirée de la pastorale de Longus, Daphnis et Chloé, et raconte l'histoire de Lo, jeune et jolie nymphe qui tombe amoureuse du berger Daphnis, lui-même amoureux de sa bergère, Chloé.

Partir de la mythologie pour une bd, c'est déjà assez rare pour être original. Le dessin semble assez enfantin et innocent à première vue, mais dès les premières cases de la 4e planche, on sent qu'il y a quelque chose de louche, et là, j'ai commencé à ricaner toute seule (signe indiscutable d'une bd de qualité). Et j'ai recommencé plusieurs fois. Il faut dire que je suis très sensible aux blagues potaches, jeux de mots un rien facile (hum) et sous-entendus graveleux, surtout quand on ne s'y attend pas. Certaines phrases sont déjà devenues cultes sur la toile (j'ai enfin compris d'où sortait ce "mieux vaut être belle et rebelle que moche et remoche") et personnellement, j'ai bien cru que mes zygomatiques allaient mourir à cause d'une certaine "pêche aux moules".




Même ce tableau est joliment détourné, Daphnis et Chloé étant remplacés par un autre couple que Sappho n'aurait pas renié.


Et puis un auteur qui, quand il s'agit de faire voler Zeus, se réfère à la technique de Superman, est forcément un bon auteur.

dimanche 9 janvier 2011

"Si j'étais bibliothécaire, je lirais des Bd toute la journée..."

J'ai décidé de laisser tous ses espoirs à l'adolescent qui m'a confié cette phrase comme un secret (genre "vous le répétez à mes potes je remets plus les panards chez vous", encore que je doute que les adolescents d'aujourd'hui utilisent le mot panard). Alors que j'allais lui confier qu'en tant que bibliothécaire, il n'aurait probablement pas le temps de lire sur son lieu de travail (enfin pas le droit serait plus juste), Miguel m'a susurré qu'il serait peut-être bon de le laisser espérer, sinon, comment on va récupérer de nouvelles recrues hein ?? Arguments acceptés.

Moi, je suis devenue bibliothécaire, du coup je lis mes bd le dimanche, comme tout le monde en fait (c'est fou ce qu'on peut être consensuels dans la profession).

Les trois bd d'aujourd'hui ont comme point commun le thème du conte :



L'Île sans sourire, d'Enrique Fernandez
Drugstore, 2009

Un homme arrive un soir d'orage sur l'île de Yulkukany, île de baleiniers. Triste, pessimiste voire agressif, il va devoir composer avec son exact opposé : Elianor, petite fille joyeuse, optimiste et énergique, avec une imagination sans limites. On devine facilement comment va finir cette jolie fable fantastique, mais les personnages sont surprenants et le dessin magnifique (le monsieur a apparemment été influencé par les studios Ghibli et Dreamworks, et ça se voit), particulièrement au niveau des paysages et des animaux (amis geeks, il y a un chat qui parle, ça va vous plaire).



Pour aller voir les premières planches, c'est sur Bd Gest.



Le Signe de la lune, d'Enrique Bonet et José Luis Munuera
Dargaud, 2009

Quand on lit ce conte, on a l'impression de l'avoir déjà entendu souvent dans notre enfance : il reprend les basiques, des enfants apeurés, des symboles mystiques (la lune attirante et effrayante), des méchants, une histoire d'amour contrariée, un peu de magie, une forêt dangereuse... C'est joli, poétique, et le dessin est superbe, en noir et blanc avec cette cape rouge sang qui nous rappelle que le petit chaperon n'est jamais à l'abri du danger...

Le blog est par là.




Jolies ténèbres, Fabien Vehlmann et Kerascoët
Dupuis, 2009

Un début de conte de fée un peu niais : un prince, une princesse, une tasse de thé. Très vite, ce petit monde "adorable" tombe en morceaux, les habitants étant obligés d'abandonner leur logement, à savoir une petite fille morte dont la décomposition les amène à chercher un autre endroit où vivre. Ambiance bonne enfant donc. Le dessin de Kerascoët fait penser à un album pour enfant tout mignon, c'est d'autant plus jouissif lorsque les petits personnages se mettent à s'entretuer à la façon de South Park. C'est étonnant comme la cruauté et l'innocence font bon ménage avec l'absurde.





Les premières planches par là.
Related Posts with Thumbnails