lundi 30 mai 2011

Les concours, c'est le mal

Oui parce que comment dire, quand tu passes un concours (ce qui fut le cas mercredi dernier pour environ la moitié des bibliothécaires de ce pays), ton cerveau reptilien te fait vite comprendre, par une logique implacable, qu'il va bien falloir éliminer un certain nombre de candidats, jusqu'à ce qu'il en reste juste autant que de postes disponibles.

Il y a la méthode révisions-de-malade-pendant-deux-ans, assez raisonnable et non violente. Et puis il y a les fantasmes : jeter un chat sur les rails du RER pour le bloquer le temps voulu, provoquer une grève des taxis, réserver toutes les chambres des hôtels alentours, afficher un panneau indiquant un changement de salle impromptu à 10 km de là, attendre que toutes les toilettes soient au complet (ce qui n'est vraiment pas difficile dans un bâtiment rempli de bibliothécaires féminines) pour bloquer les serrures avec du chewing-gum, glisser des feuilles de pompe sur les tables des voisins, puis les dénoncer, bien évidemment... Certains ont même suggéré, au vu du manque de bouffe potable à moins de 2 km des salles de concours, de faire vendre des sandwichs avariés par un pote pendant la pause déj' (ce qui a le second avantage de se faire de la thune), d'autres encore, moins stratégiques et patients, de crever tout simplement les yeux des enquiquineurs à l'aide d'un stylo bien acéré.

Dans la réalité, certains fantasmes se sont réalisés : tous les RER se sont vus bloqués (travaux ou chats projetés sur les rails, allez savoir) pour un temps indéterminé. Dommage, j'étais dedans. Remarque, ça élimine les candidats moyennement motivés qui ont préféré attendre de voir si il allait finir par démarrer (y en a plus qu'on ne croit). Mode alternatif de transport (et fichtrement coûteux), le taxi. Dommage, y avait grève des taxis. Enfin dommage pour ceux qui n'en ont pas trouvé un (et non je n'ai rien fait de répréhensible pour en chopper un, j'ai même accepté de partager avec un candidat, preuve de ma bonté d'âme. Certes, il était candidat au concours de coiffure qui se déroulait au même endroit, mais ça n'enlève rien à la dite bonté). Enfin, un big up aux candidats éliminés lors de l'épreuve de l'après-midi, pour être rentrés trop tard de la pause déjeuner (à savoir après la distribution des copies). Je ne sais pas si quelqu'un avait mis du chewing-gum là où il fallait, mais ils auraient pu jouer cette carte pour apitoyer les surveillants.

Mais j'ai aussi pas mal pensé à ces bibliothécaires qui forment des réseaux sur Facebook ou sur Twitter, ceux qui vous aident à remplir votre copie d'exemples pratiques, d'idées nouvelles, de noms de bibliothèques qui vous diront vraiment quelque chose, pas seulement parce que vous l'avez lu dans le dernier Livres Hebdo. Mais parce que vous savez que les bibliothécaires toulousains twittent comme ils respirent, mettent en place des tables DIY et sont au taquet sur le web 2 et le numérique. Que les Rouennais vous font découvrir l'ouverture de leur dernière bibliothèque (moyen mnémotechnique : Simone, elle est bonne) et les problèmes de la mise en place de la RFID. Que lorsque vous avez besoin de citer le nom d'une BMVR, c'est Limoges qui vient immédiatement à l'esprit, tout ça parce que Mickaël Jackson va y faire péter ses madeleines Bijou. Que les bibliothèques patrimoniales vous semblent moins éloignées de votre quotidien quand vous suivez certains twittos. Que grâce aux collègues de la BPI qui ont fait passer cet article sur les meilleurs endroits pour faire la sieste à Paris, vous savez que cette bibliothèque est un modèle quant aux horaires d'ouverture. Que vous vous sentez moins perdus concernant les problématiques des discothèques, quand vous suivez les débats de certains disco facebookiens. Que les geeks bibliothécaires multimédia sont là pour transmettre la moindre info concernant l'amélioration d'un portail et de services numériques. Que les bibliothécaires québécois font de belles choses autour du jeu vidéo, et que ça commence à germer un peu partout dans les bibliothèques françaises. Que les bibliothécaires jeunesse vous font partager leur amour des enfants comme personne (nan ça c'était une blague, en revanche ils pourront vous apprendre différentes techniques de neutralisation de mouflets en furie).

Tout ça pour dire que oui, les réseaux sociaux peuvent vous permettre de réviser un concours sans même vous en rendre compte, mais que surtout, au même titre qu'une pause cigarette un jour de formation, ils sont l'occasion d'apprendre sur votre métier et d'appréhender les débats qui le font évoluer. Et ça c'est quand même vachement bien.

Et puis si vous avez besoin de quelques conseils d'élimination de
candidats, ou si vous voulez partager des anecdotes de concours, je vous conseille d'aller voir le groupe Facebook créé par la Desperate librarian housewife : "Vous avez passé un concours ?" (c'est là qu'il est question de stylo qui crèvent des yeux, entre autres).

mercredi 18 mai 2011

Le retour de bâton de la glace pilée aromatisée

Donc là en ce moment, je me la coule douce, genre bronzette les pieds dans l'eau, une pile de bouquins pas très loin, un accès Internet à côté, une margarita frappée à ma droite, un coléoptère amorphe et totalement inutile à ma gauche. Un peu comme ça :

Oui je vends du rêve je sais (ce dessin est là pour vous aider à visualiser, donc le premier qui me fait une remarque sur sa piètre qualité intrinsèque se prend une volée de glaçons dans un endroit non encore défini).

Il semblerait, cependant, que quelque chose cloche, j'ai dû oublier un point important.

Ah oui, c'est ça.

vendredi 29 avril 2011

Do you like to shush ?

L'activité préférée des bibliothécaires ? Je mettrais, en pôle position, gommer les petits mots laissés dans les livres au crayon de papier (quand on est chanceux) par nos lecteurs adorés (un jour j'ai trouvé dans un livre "bon courage aux bibliothécaires qui devront effacer ces mots". J'étais à deux doigts de provoquer une combustion spontanée dans un accès de colère tout à fait maitrisé).

Mais juste, juste derrière, en seconde position, je dirais faire taire les gens trop bruyants par un non moins bruyant "CHHHHUUUUUT" bien à propos (en terme de cliché, la bibliothécaire chignon-à-lunettes-qui-fait-chut se pose là). Notez que c'est une activité tellement répandue que les anglophones lui ont collé un verbe : to shush.



Si vous préférez anticiper, vous avez la version t-shirt assez dissuasive (moi je visualise un bibliothécaire, hache à la main, déclenchant un bain de sang pour un éternuement).





Il semblerait que les bibliothécaires shushent particulièrement en bibliothèque universitaire (essayer de faire régner le silence en section jeunesse d'une bibliothèque municipale un mercredi après-midi est par exemple inenvisageable, voire suicidaire (les poussettes possèdent des ressources insoupçonnées)). La Ryerson Library a par exemple mis en place une opération marketing pour son Silent Floor assez... euh, claire :


Le silence des agneaux tu connais ? Je sais pas si c'est moi qui suis d'humeur sanguinolente, mais en tout cas je ne me risquerais pas à aller parler au silent floor, j'aurais trop peur qu'on me colle une grosse étiquette colorée sur la bouche. Finalement, arriver à me couper l'envie d'ouvrir mon clapet, on peut appeler ça une campagne efficace.
(La campagne de pub a été créée par Chris Hernandez, plus d'infos sur son site.)

Mais attention, le chut ne vient pas comme ça, d'un coup de cuillère à pot. Le chut se travaille. Le chut révèle la personnalité du bibliothécaire. Le chut peut être franc et prolongé, ou timide et concis. Le chut est une vraie prise de position en somme. Heureusement, pour les non-initiés, la bibliothèque de Grenoble nous a sorti une petite vidéo explicative de derrière les chariots. Voilà qui devrait vous ouvrir de nouveaux horizons :



De mon côté, je pense pouvoir m'épargner la peine d'ouvrir la bouche,et ce en arborant un simple badge :


lundi 4 avril 2011

Un Cookie Monster tous les matins, et motivé tu seras

Je sens comme un petit coup de mou chez les bibliothécaires. Les concours sont en train de faire des ravages, je vois défiler les retours négatifs sur twitter, et quelques blogueuses ont partagé cette baisse de moral et leurs interrogations quant à leur avenir dans la profession, notamment chez Delphine's books et Liber, libri. Personnellement, je n'arrive déjà pas à réviser correctement quand je passe un seul concours dans l'année, alors quand je vois certains qui les enchaînent sans réussir, mon moral descend aussi jusque dans les charentaises (quand un twitteur m'a parlé de 7 concours dans l'année, j'ai failli mourir de stress rien que d'imaginer le nombre de feuilles blanches à noircir. J'suis très empathique comme fille).

Alors pour tous ceux qui sont en révision intensive, qui ont raté des concours, qui restent contractuels à défaut de mieux, qui sont titulaires mais n'arrivent pas à choper LE poste, qui n'arrivent pas à trouver de poste tout simplement, les étudiants qui vont bientôt devenir accro à Biblioemplois, ceux qui pensent reconversion parce que y en a marre (je me demande quel pourcentage de la profession on atteint là), je voudrais vous rappeler plusieurs choses :

Premièrement, ANYTHING is possible when you're in a library !



Un lieu de travail où tout est possible, même se déplacer à dos de chariot, ça vous donne envie de continuer quand même nan ?

(Cette vidéo est légèrement dérivée de cette célèbre pub, oui parce que si vous ne la connaissez pas c'est nettement moins drôle en fait.)


Deuxièmement, peut-être qu'un jour, vous aurez affaire à des lecteurs aussi cools que Cookie Monster. Cette perspective devrait vous remotiver pour quelques années :



Et si, au hasard d'un sujet de concours, vous tombez sur le thème des bibliothèques 3e lieu, pensez à parler de l'instauration d'un bar à cookies, ça devrait faire son petit effet (messieurs mesdames les jurés, coucou Image du Blog chezfanfan.centerblog.net).


dimanche 27 mars 2011

Du Brut de pommes (avec de la crème merci)

La Bd de ce dimanche, je l'ai reçue dans mon courrier cette semaine, joliment emballée par les soins de la tenancière du blog Suprbo (merci merci !), après l'avoir gagnée à un concours. Normalement, la poisse veut qu'à chaque concours je gagne des cafetières, même quand il n'y en a pas en jeu (je sais c'est fou). Alors imaginez un peu ma joie de gagner un LIVRE. Pour l'info, j'adore recevoir de jolis paquets, si vous ressentez un besoin irrépressible d'en envoyer un, je saurais vous soulager.

Dans ma boîte aux lettres, j'ai donc trouvé ça :


Je ne connaissais pas du tout Lolmède, j'ai découvert dans ce Brut de comix (chez United dead artists) des scènes de la vie quotidienne, des petits instants, des bonheurs ou des réflexions de l'auteur. En fin de compte, on a l'impression de suivre des instants de sa vie, qui parfois se recoupent avec les nôtres et nous remettent des souvenirs en tête : un café en terrasse, un trajet en train, des blagues potaches, un concert, une expo sur Munch, un week-end en Normandie (les Normands sont accueillants, j'avais déjà envie d'y retourner, maintenant je pourrais échanger le plus beau de mes lecteurs contre une vraie tarte aux pommes. Avec de la crème. Un prix raisonnable somme toute.), les manifs contre la réforme des retraites (je ne connaissais pas le slogan "Sarko m'e***, le Medef me lubrifie", un grand regret que je ne l'ai su à ce moment là)...

Un petit livre à siroter au soleil quoi ! (bon heureusement pour moi ça marche aussi avec la pluie)

Vous pouvez aller sur le blog du monsieur pour en voir un peu plus.


dimanche 6 mars 2011

Quand les lecteurs se mettent à porter le chignon-à-lunettes

Parfois, je soupçonne les chignons-à-lunettes de s'infiltrer en douce parmi les lecteurs :

Réservation 1


Réservation 2


Mais je préfère me dire qu'ils s'inquiètent juste de savoir si les bibliothécaires ne vont pas finir par coucher sous les ponts, et c'est plutôt prévenant de leur part.

mardi 22 février 2011

Dans ma bibliothèque idéale #1

Si si, vous savez, la bibliothèque où l'on a tous rêvé de travailler, celle où toute l'équipe ne serait composée que des collègues avec qui on partage aussi bien les envies et les idées que les verres de bière/vin/mojitos/plateaux de fromages/bobuns/éclairs au chocolat... (oui de manière générale les bibliothécaires ont la bouffe joyeuse je les aime), celle où l'on aurait tout le budget que l'on souhaite, où les lecteurs seraient toujours de bonne humeur (un peu comme les bibliothécaires, prenez exemple sur nous flute !)...

Pensons d'abord à l'aménagement. Déjà, il faudrait un moyen rapide et pratique pour se déplacer. A l'université de Munich, ils ont tout compris. Ou comment aller chercher un livre en réserve en moins de 2 minutes :





Ensuite, penser aux postérieurs. Une bibliothèque qui ne ménage pas le postérieur de ses lecteurs ET bibliothécaires peut aller se faire voir aux Pays-Bas. Au moins elle y découvrira que la RFID ne sert pas qu'à passer des livres en prêt/retour :





Mieux que la patte d'éléphant que l'on oublie toujours dans un rayon (la question étant de savoir lequel), nan ? Et puis au moins, on est sûr qu'aucun petit vieux n'aura "malencontreusement" pris notre siège le temps d'aller chercher un livre en rayon, et après tout c'est bien normal.

Et puis dans une bibliothèque idéale, on aurait tellement de budget qu'évidemment on aurait un service de bibliobus. Et là je voterais volontiers pour celui des bibliothèques de Montréal (chez qui on ferait bien de prendre beaucoup d'autres choses d'ailleurs). Regardez-moi ça comme c'est bô :


Franchement je demande pas grand chose...
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